Band Rehearsal Companion

La setlist et l’agenda des concerts au même endroit

· 8 min de lecture

Un quart d’heure avant de monter sur scène, quelqu’un demande si le morceau lent est en troisième ou en cinquième position. Trois téléphones sortent. Deux donnent des réponses différentes et le troisième affiche la photo d’une feuille de papier d’une répète d’avril.

Ce n’est pas un problème de discipline. C’est ce qui arrive quand une setlist est un document : les documents se copient, et les copies divergent.

Si tu en es encore à l’étape d’avant (ce qu’est une setlist, ce qu’on y met et combien de temps elle dure vraiment), commence par la setlist, c’est quoi et comment la préparer. Ici, on parle de la suite : faire en sorte que tout le groupe utilise la même.

Pourquoi la setlist se dédouble

Suis une setlist ordinaire pendant un mois ordinaire.

Quelqu’un l’écrit dans la conversation du groupe. Quelqu’un d’autre la recopie dans ses notes pour la retrouver facilement. En répète, vous inversez deux morceaux et vous en retirez un. Celui qui a la version dans ses notes la met à jour. Le message dans la conversation reste tel quel, ce qui pose problème, parce que c’est ce message-là que tout le monde retrouve en remontant. La veille, quelqu’un imprime « la setlist » à partir de la copie qu’il a sous la main.

Personne n’a rien fait de travers. Le dédoublement vient de la structure : chaque copie devient une nouvelle référence, et le nombre de copies ne fait qu’augmenter.

Une setlist est une vue, pas un document

L’autre façon de faire, c’est de traiter l’ordre de passage comme une vue du répertoire plutôt que comme un fichier.

Le groupe a des morceaux. Une setlist dit : ceux-là, dans cet ordre, pour ce soir-là. Tu changes l’ordre, l’ordre change. Elle n’existe qu’en un exemplaire, parce qu’il n’y a rien à copier. Pour ajouter un morceau, tu le choisis dans le répertoire que tu as déjà, donc la setlist renvoie automatiquement à la même partition, aux mêmes paroles et à la même prise retenue que tout le reste.

Ce dernier point compte plus qu’il n’y paraît. Quand la setlist est un fichier texte, le morceau n’est qu’une ligne de texte. Quand c’est une vue, le morceau de la liste est le morceau, et celui qui veut vérifier l’arrangement du numéro sept n’a qu’à toucher le numéro sept.

C’est comme ça que fait Band Companion : chaque concert a son propre ordre de passage, numéroté, avec des morceaux ajoutés depuis le répertoire et glissés à leur place. La liste n’est la copie de rien.

Imprime-la quand même

Avoir une source numérique ne veut pas dire tout faire en numérique sur scène.

Un téléphone sur un pupitre pour un concert en plein air en juillet, c’est une mauvaise idée, et pas meilleure en salle quand quelqu’un bouscule le pupitre. Les écrans se mettent en veille, les batteries se vident, et la seule chose dont tu as besoin au moment d’enchaîner est justement celle qu’il faut réveiller d’abord.

Donc imprime-la. L’idée, c’est que la copie papier soit un export de la source unique, fait le jour même, et pas une version parmi cinq qui se font concurrence. Imprime-la assez gros pour la lire debout sur une scène sombre, c’est-à-dire plus gros que tu ne le penses, et imprimes-en plusieurs.

C’est pour ça que Band Companion exporte la setlist en PDF au format d’une feuille de pupitre.

Un concert, c’est plus qu’un ordre de passage

Une fois que l’ordre de passage vit avec le répertoire, le concert peut porter tout le reste de ce dont un concert a besoin, et l’agenda cesse d’être un outil à part.

Un concert a une date et un lieu. Il a un ordre de passage. Très souvent, cet ordre est différent du précédent, et les comparer est utile : tu découvres que le troisième morceau ouvre tous les concerts depuis un an, ou que le nouveau n’a jamais dépassé la balance.

Ce qu’un agenda de concerts dans une app généraliste ne sait pas faire, c’est relier la date au contenu. Il te dit que tu joues le 14. Il ne peut pas te dire quels douze morceaux, dans quel ordre, ni t’amener à la partition de celui que personne n’a joué depuis mars.

Les setlists sans date, celles qu’on sous-estime

Voilà le cas que la plupart des outils ratent complètement.

Une répète où vous travaillez quatre morceaux précis dans un ordre précis, c’est une setlist. Elle n’est liée à aucun concert. Elle est tout aussi utile qu’une setlist de concert, et même plus, parce qu’elle transforme une répète « on verra ce qu’on a envie de jouer » en un plan que tout le monde peut voir avant d’arriver.

Les groupes qui tirent le plus de leur temps de répète sont ceux qui décident la veille de ce qu’ils vont travailler. Une setlist datée te prépare pour un soir. Une setlist sans date te prépare pour les dix répètes qui t’y mènent.

Band Companion a ajouté les setlists sans date dans la version 10 exactement pour ça. Même objet, même glisser-déposer pour l’ordre, pas de date obligatoire.

Si tu construis tes répètes autour d’un plan, l’étape suivante, c’est d’enregistrer ce qui en sort. C’est expliqué dans comment enregistrer les répétitions du groupe avec son téléphone.

Construire un set, en deux mots

Ce n’est pas une question d’outil, mais l’outil ne doit pas te mettre de bâtons dans les roues.

Tout ça veut dire déplacer les morceaux encore et encore, et c’est l’argument pour le glisser-déposer plutôt qu’un fichier texte : si réordonner demande un effort, tu arrêtes d’essayer d’autres versions et tu gardes la première.

À quoi ça ressemble quand ça marche

Quand tout ça est en place, voilà la situation avant le concert.

L’ordre de passage est une seule chose, à un seul endroit, et tout le monde l’a sur son téléphone parce que c’est le même répertoire que celui dont vous vous servez chaque semaine. Une copie papier est posée sur chaque pupitre, exportée de cette liste le matin même. Le numéro sept est le morceau que vous n’avez pas joué depuis mars, alors cet après-midi quelqu’un l’a ouvert, a lu la note que le guitariste avait laissée en avril sur la fin, et a écouté la prise que le groupe avait marquée comme finale.

Personne n’a eu à demander si le morceau lent était en troisième ou en cinquième.

Plus de détails sur la structure qu’il y a derrière dans ce que doit vraiment faire une app de gestion de groupe.

Questions fréquentes

Quelle différence entre une app de setlist et une app pour groupe ?

Une app de setlist organise l’ordre de passage d’un concert, en général sous forme de document à part. Une app pour groupe contient le répertoire, donc la setlist peut être une vue de morceaux qui existent déjà, avec leurs partitions, leurs paroles et leurs enregistrements, au lieu d’une liste de titres séparée.

Comment éviter que chacun dans le groupe ait sa version de la setlist ?

Arrête de faire des copies. Si la liste vit à un seul endroit que tout le monde ouvre, il n’y a rien qui puisse diverger. Les copies papier ne posent pas de problème tant qu’elles sont exportées de cette source le jour même, et pas tenues à jour à la main comme des versions à part.

Sur scène, téléphone ou papier ?

Du papier pour la setlist, imprimé depuis la source partagée. Les écrans se mettent en veille, les batteries se vident et les pupitres se font bousculer. Une tablette ou un téléphone a plus de sens pour les partitions, où il faut beaucoup de pages et de quoi les tourner, que pour un ordre de passage de douze lignes qui tient sur une feuille. Ce qu’il faut à une app pour lire des partitions au pupitre est détaillé dans lire ses partitions en PDF sur tablette et téléphone.

Une setlist peut-elle servir sans concert ?

Oui, et c’est même une des choses les plus utiles qu’on puisse en faire. Une liste de quatre morceaux dans un ordre précis transforme une répète sans direction en une répète préparée, et tout le groupe voit le plan avant d’arriver.

Combien de temps à l’avance faut-il figer l’ordre de passage ?

Assez tôt pour que ceux qui doivent revoir un morceau aient le temps de le faire, en général une semaine. Laisse les deux derniers morceaux modifiables : la durée du set change le soir même plus souvent que le reste.

Les répétitions de ton groupe, au même endroit

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